Vous êtes dans : Accueil > Accès directs > Actualités > Et si la vigne revenait à Saint-Jean de Braye ?

Et si la vigne revenait à Saint-Jean de Braye ?

Publié le 3 juillet 2017 par Nicolas Treil
Brouard 1921 © Ville de Saint-Jean de Braye

Un groupe de travail se met en place afin de se plonger dans l’histoire de la viticulture et l’arboriculture d’hier et d’aujourd’hui à Saint-Jean de Braye. Pour enrichir ces recherches, un appel à participation est lancé auprès des habitants.

Les sources historiques rapportent que la consommation de vin sur l’Orléanais date de plus de deux mille ans. En -52, les révoltes celtes contre les romains en Gaule virent à Cenabum (Orléans) les premières victimes chez les négociants en vin romains, qui l’importaient d’Italie.
Il a fallu attendre 280 ap. J.C. pour que l’empereur Probus supprime un édit restreignant la culture de la vigne, permettant par là-même aux cités de Gaule de planter leur propre vigne.
Les vignobles orléanais prospérant, la qualité des cépages fut rapidement reconnue au point de devenir vignes royales dès le règne de Charlemagne (768-814).

Un vin royal

On assiste même sous le règne de François 1er à une tentative de spéculation qui oblige le roi à interdire de supprimer des champs de blé que leurs propriétaires voulaient remplacer par des pieds de vignes. L’objectif étant de maintenir un cours élevé du vin sur lequel était prélevé des taxes. La qualité des vins était telle qu’ils étaient exportés, sous l’appellation « Vin d’Orléans » dans toute l’Europe.
Mais entre 1650 et 1750, les cépages de qualité furent abandonnés au profit de cépages à gros rendement et de moindre qualité. La réputation des vins d’Orléans s’effondra et ces derniers furent évincés des tables royales.
Les premiers témoignages écrits de la présence de viticulture à Saint-Jean de Braye dateraient de 1659 parlant des ravages du gel sur les vignes du Clos des Longues Allées.
La vigne aura été la principale culture de la Ville jusqu’à la fin du XIXème siècle. Le phylloxéra détruisit une grande partie des vignobles entre 1880 et 1890. Les viticulteurs abraysiens réimplantèrent au début du XXème siècle des pieds « californiens » (comme partout en France à l’époque) tout en se diversifiant. Ils se tournèrent notamment vers la culture maraîchère. En 1920, les viticulteurs abraysiens obtinrent l’appellation VDQS, Vin Délimité de Qualité Supérieure, pour le cépage Gris Meunier.
Les Années 30 virent les terres viticoles transformées en terres d’arboriculture, dont les composants sont identiques. L’apogée de la culture des arbres fruitiers abraysiens se situe dans les années 60. Ensuite commença le lent déclin de l’agriculture sur la commune, liée au changement de notre société, de nos modes de vie et de consommation et à l’urbanisation.

Vous souhaitez nous aider en apportant de nouvelles informations, des photos, des cartes postales témoignant de l’activité agricole passée ? N’hésitez pas à nous contacter au 02 38 52 40 75

Brouard et compagnie

Parmi les nombreux négociants en vin que comptait Saint-Jean de Braye, les plus connus sont la famille Brouard, dont l’entreprise se situait à la Pointe Saint-Loup. Il n’en subsiste aujourd’hui qu’un des bâtiments Ouest. Les archives photographiques et publicitaires montrent l’importance des entrepôts de la société, fleuron de la première moitié du XXème siècle. Maurice Brouard, qui s’était attaché à mettre en valeur les vins du Val-de-Loire, avait choisi de transformer l’ancien relais de Poste situé à la Pointe Saint-Loup pour y développer ses entrepôts. La légère pente de la route permettait notamment le chargement plus facile des tonneaux dans les camions. M. Brouard mit aussi l’accent sur le développement de la mise en bouteille de ses vins. Saint-Jean de Braye a connu un passé viticole très riche, dû entre autre à la composition de son sol mais aussi des cépages cultivés. A l’heure d’une agriculture sans pesticide misant sur la qualité, le retour de la culture de la vigne pourrait-il être envisagé ?

Haut de page
  • Partager sur Facebook.
  • Partager sur Twitter.
  • Partager sur Google+.
eZ publish © Inovagora