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Hommage aux passeurs de Loire

Publié le 8 décembre 2015
Baignade en petite loire dans les années 50 © Droits réservés Baignade en petite loire dans les années 50

Le 25 septembre, le Conseil Municipal a souhaité mettre en valeur le patrimoine et les richesses locales en attribuant aux rues du quartier ECLO - bâti sur l’ancien site IBM - des noms relatifs à la Loire et à ses passeurs.

Le nouveau quartier ECLO comprend des voies donnant sur la Loire. Afin de mettre en valeur cette richesse naturelle et les personnes qui lui sont liées, les rues seront rebaptisées de la façon suivante :
• la voie Nord <-> Sud : rue de la Loire
• la voie Est <-> Ouest (au-dessus du clos de la Feularde) : rue Gaëtan Froger (passeur de Loire)
• la voie Est <-> Ouest (vers Malvoisine) : rue Hélène Caillard. (passeur de Loire)

Cette nomenclature est l’occasion de revenir sur des professionnels qui ont fait partie du quotidien des abraysiens pendant de nombreuses années : les passeurs de Loire. À la force de leurs muscles et de leurs mains, les passeurs de Loire ont fait passer jusqu’au siècle dernier plusieurs dizaines - voire centaines - de passagers par jour d’une rive à l’autre de la Loire. Pour ce faire, Luc Froger et Françoise, tous deux abraysiens, ont témoigné de leur expérience du passage de Loire auprès de Gaëtan Froger et d’Hélène Caillard.

Gaëtan Froger, passeur de Loire au Cabinet Vert de 1930 à 1962

« Il y avait eu récemment les congés payés. Après la seconde Guerre Mondiale, il n’y avait pas tellement de loisirs et pas encore beaucoup de voitures. Alors les gens se sont rabattus sur les sports, la baignade », explique Luc Froger, fils de Gaëtan.
Le marinier abraysien faisait traverser la Loire du Cabinet Vert à l’île Charlemagne. La saison des passages commençait au début du printemps, et ce jusqu’à l’automne. Les pêcheurs traversaient la Loire très tôt le matin.
À midi, femmes et enfants les rejoignaient pour pique niquer. « C’était la cohue sur la plage de l’île Charlemagne. Certains dimanches, plus de 1 500 personnes attendaient de pouvoir passer. À peine mon père avait-il fini d’amener les gens sur l’île qu’il en ramenait. Et le soir, tard, les amoureux appelaient pour rentrer », explique Luc Froger.
« Mon père connaissait la Loire comme sa poche. Il était sauveteur et a réalisé 25 ou 26 sauvetages, dont 20 ou 22 ont été homologués », avant de continuer sur sa propre expérience « J’ai passé toute mon enfance sur le bord de Loire. Pendant mes vacances, je faisais passer avec mon père. Pour moi, c’était un amusement. » Si bien que, quelques années plus tard, Luc Froger s’est illustré durant plusieurs années et jusqu’au début des années 70 dans le passage de Loire de Jeanne d’Arc.

 

Hélène Caillard, dite la mère Paluche, dernière passeuse de Loire, au Vieux Bourg

Françoise, quant à elle, a passé la Loire avec Hélène Caillard alors qu’elle était enfant, des rives du Vieux Bourg aux rives d’en face. C’était le début des années 1950. La traversée se faisait en vue « d’aller pique niquer avec [sa] famille, [se] baigner en petite Loire, pêcher, et pratiquer le canoë. L’ambiance était conviviale, car cela concernait tous les âges. Et la passeuse [Hélène Caillard] était un personnage ». Le fonctionnement était particulier : « La barge était reliée à un câble qui traversait la Loire. C’était un câble transversal auquel était accrochée une poulie. La barque ne pouvait pas aller vers l’aval, étant ainsi retenue . »

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