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Les usines d'Ambert

Publié le 31 janvier 2011 par Sylvain BRIENT
Vue d'ensemble des usines d'Ambert en 1920. © Comité des sages de Saint-Jean de Braye Vue d'ensemble des usines d'Ambert en 1920.

A partir de 1917, les usines d’Ambert vont s'implanter à l’Ouest de notre ville sur une superficie d’environ 54 hectares. Découvrez l'histoire de ce fleuron industriel abraysien au fil des recherches du groupe histoire locale du Comité des sages.

Construites en 1917, à la demande de M. Albert THOMAS, alors Ministre de l’Armement, sous le sigle A.C.E.O, usines de la C.G.E . Leur dénomination officielle va changer au fil des années, elles seront les Ateliers d’Orléans de la C.G.E. en 1918, puis UNELEC en 1958, après le rapprochement de la C.G.E avec la Société Alsthom. Suite à l’acquisition d’une ancienne usine de matériel agricole à Vierzon (en 1962), elles prennent en 1964 l’appellation d’UNELEC Etablissements d’Orléans-Vierzon.

En 1982, UNELEC Orléans est repris par Leroy-Somer dont le drapeau continue de flotter sur le site. Néanmoins pour les abraysiens et de nombreux habitants de l’agglomération orléanaise, elles sont et resteront toujours les Usines d'Ambert. Ces usines ont laissé une empreinte indélébile dans le patrimoine industriel de la ville, dans le patrimoine architectural mais surtout dans la vie et le cœur de nombreux abraysiens.

L’arrivée des A.C.E.O bouleverse la vie du quartier St Loup qui ne compte en 1917 que trois entreprises d’industries traditionnelles qui maintiennent leurs activités après la guerre :

  • La Fonderie de cloches BOLLEE en activité depuis 1838, Faubourg de Bourgogne et qui emploie une dizaine d’ouvriers.
  • L’usine de céramique LABRUT et RECULE installée depuis 1892, rue de la glacière, occupe une trentaine d’ouvriers.
  • La société MICHAU qui fabrique des eaux gazeuses, également Faubourg de Bourgogne.
  • Les usines GRANGER s’implanteront à partir de 1920 dans le domaine de la construction d’ouvrages métalliques, elles occuperont une trentaine d’ouvriers en 1936.

Les Usines d’AMBERT modifient complètement le paysage industriel abraysien. Elles occupent une superficie d’environ 54 hectares et emploient plus de 600 personnes en 1918. L’usine a dû faire appel à la main d’œuvre étrangère, en majorité des Espagnols, des Russes et des Indochinois. Elle produit essentiellement des munitions (grenades et fusées) et des pièces détachées de moteurs d’avions. L’armistice interrompt ces fabrications entraînant le licenciement des ouvriers étrangers et des ouvrières surnommées les « munitionnettes ».

Une histoire mouvementée

Les dirigeants de la C.G.E. hésitent alors à maintenir le site et décident néanmoins d’amorcer sa reconversion. C’est ainsi qu’à partir de 1920, les activités reprennent, de nouveaux bâtiments sont construits en « dur ». La pratique des travaux mécanisés de précision, un outillage bien adapté et un personnel qualifié permettent aux Ateliers d’Orléans de la C.G.E. d’entreprendre la construction de machines électriques (moteurs, génératrices, alternateurs). Production à laquelle s’ajoute celle d’équipements de freins et compresseurs pour les chemins de fer en utilisant les fonderies de bronze et de fonte déjà existantes. Mais les usines n’échappent pas à la crise de 1936 et à nouveau des ouvriers sont licenciés, essentiellement des étrangers, à qui on avait fait appel en 1926. Ce sont cette fois en majorité des Autrichiens, des Tchèques, des Polonais et des Portugais. Dans la période qui précède la seconde guerre mondiale, les usines construisent des moteurs d’avions, des hélices à pas variable, des jambes élastiques pour train d’atterrissage des moteurs électriques pour la ligne Maginot. Mais les machines tournantes restent la base principale de leurs activités.

Grâce à la fabrication des appareils de freins pour chemins de fer, les Fonderies de Saint-Jean de Braye (situées sur le site) ont pris tout leur essor et se sont classées parmi les plus importantes et les plus réputées dans leur spécialité.
En 1947, les ateliers adjoignent à leur production celle des palans électriques à câbles qui remportent un vif succès dans toutes les branches de l’industrie, en raison d’une qualité de réalisation qui ne s’est jamais démentie. Ces palans, d’abord construits dans une partie de l’usine « Moteurs » rencontrent un tel succès qu’ils nécessitent la construction en 1957 de bâtiments spécifiques pour le matériel de levage. Cette construction permet de restituer à l’usine « moteurs » l’espace occupé depuis 1946 et d’atteindre par l’emploi de méthodes plus rationnelles une productivité élevée, aussi bien dans le domaine « moteurs » que dans celui de levage (palans électriques et ponts roulants).

Jusqu'à 1400 salariés

En 1965, l’appellation des Usines d’Ambert est UNELEC Etablissement d’Orléans-Vierzon qui dispose d’une superficie de 54 hectares dont 13 se trouvent dans l’enceinte industrielle. Les ateliers et les bureaux couvrent une surface de 48000 m2. L’effectif du personnel s’élève alors à 1350 personnes environ.
En 1982, UNELEC Orléans est repris par Leroy-Somer. L’entreprise va ensuite traverser une période difficile : une partie des locaux est vétuste, les plans de licenciements se succèdent, l’entreprise est confrontée à des difficultés économiques et financières surtout liées aux charges excessives des loyers versés au propriétaire : la C.G.E.. Près de 500 emplois sont menacés et le risque pour la Ville de voir les ACEO quitter Saint-Jean de Braye pour un autre site moins coûteux se profile.

Sources et Bibliographie.
Gallouëdec 1864/1937 Géographe de la IIIème république.
Bulletins municipaux de décembre 1969 et février 1997.
Témoignages oraux.

Fait inédit, la ville décide en 1986, de racheter l’usine ACEO à la Compagnie Générale d’Electricité, pour la céder en crédit-bail aux ACEO eux-mêmes. Le montage complexe et courageux a été possible grâce à la collaboration efficace de l’entreprise, de son actionnaire principal Leroy-Somer, de la Caisse des Dépôts et Consignations et de la Ville.

L’usine d’Ambert est alors restructurée. Une nouvelle page s’ouvre. Aujourd’hui de nombreuses entreprises se sont implantées sur une partie de l’ancien site des usines d’Ambert qui avait été achetée en 1987 par la Ville pour y créer le Parc Archimède. Le drapeau de Leroy-Somer flotte maintenant sur l’usine, poussé par un vent favorable. Leroy-Somer s’affiche comme l’un des leaders mondiaux des systèmes d’entraînement et de production électriques. Dans cette usine qui emploie actuellement plus de 400 ouvriers, on conçoit et on produit principalement des alternateurs et des génératrices de toutes tailles pour l’industrie, les navires, les barrages, les éoliennes …

© Comité des Sages de Saint-Jean de Braye - groupe Histoire locale - 2011

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