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Souvenirs de Noël d'antan (1)

Publié le 8 décembre 2011 par Sylvain BRIENT
Visiblement, le Père Noël a oublié ses rennes au Pôle Nord... © DR Visiblement, le Père Noël a oublié ses rennes au Pôle Nord...

Le groupe Histoire locale du Comités des Sages vous propose une plongée dans les souvenirs de Noël de quelques anciens de Saint-Jean de Braye. Emotions au pied du sapin...

Chantal, 61 ans

Je suis née en 1950 dans un petit village de Beauce, à 14 km de Chartres. Mes deux grands-pères étaient de l’autre siècle (1897 et 1899) et tous deux, journaliers dans les fermes. Pépère Henri y était d’ailleurs employé comme petit marmiton depuis l’âge de 10 ans. Papa travaillait la terre, lui aussi. Chaque année, le Père Noël m’apportait un cadeau (valise à tricot, trousse de couture, dînette, tableau et boîte de craies,…) et quelques friandises ; chez nous, ni messe de minuit, ni réveillon, mais le jour de Noël, c’est maman qui préparait le repas de fête. Dans la matinée, Pépère attelait « Pompon » à la carriole et s’en allait à Santeuil, à huit kilomètres de chez nous, chercher tante Yvonne et sa famille à la gare ; ils venaient de Dourdan par le train. Tout l’après-midi, « Pompon » attendait sagement sur le trottoir, attaché à la boucle scellée dans le mur en pierre de la maison pendant que nous faisions honneur à la traditionnelle dinde aux marrons et à la bûche pâtissière maison. Dans la soirée, « Pompon » repartait au trot en direction de la gare, nos hôtes chaudement emmitouflés, les genoux recouverts de couvertures usagées, mais tous heureux d’avoir fêté Noël en famille.

Michelle, 65 ans

Le gâteau aux châtaignes de Ginette

Des châtaignes dans leurs bogues. © DR Des châtaignes dans leurs bogues.

Noël, c’est la joie d’avoir des cadeaux et le bonheur de se retrouver en famille autour d’un bon repas. Je vais vous donner ci-dessous la recette du gâteau aux châtaignes qui est réalisé et apprécié chez nous depuis trois générations ; ma grand’mère le faisait quand j’étais enfant, puis Maman a pris le relais, et désormais, c’est moi, Mamy, qui le fait déguster chaque année à Noël à mes enfants et petits enfants.
Ingrédients :

  • 1 kilogramme de châtaignes
  • 125 grammes de sucre en poudre
  • 100 grammes de beurre
  • 225 grammes de chocolat noir
  • 1 verre de lait.

Faire cuire les châtaignes, mais vous pouvez aussi utiliser des châtaignes en conserve. Après avoir retiré la peau des châtaignes, écraser les au moulin à légumes. Ajouter le lait. Faire fondre le chocolat, beurre et sucre au bain-marie. Mélanger aux châtaignes. Tapisser un moule rectangulaire de papier aluminium. Verser le mélange obtenu ci-dessus, dans le moule. Mettre au réfrigérateur 24 heures. Démouler et décorer. Pour imiter la bûche, faire des stries avec une fourchette et saupoudrer de sucre glace pour imiter la neige. Bon appétit !

Je me souviens tout particulièrement de ce Noël, il m’a profondément marquée. Nous étions allées avec Maman à Chartres, à la Maison Verte pour voir les jouets. J’avais vu une poupée « Gégé » de 15 cm environ, jolie frimousse, brune, vêtue de rouge, socquettes blanches et ballerines noires. Et cette poupée, elle dansait ! Elle me plaisait beaucoup, alors je l’ai commandée au Père Noël et j’ai eu la joie de la trouver dans mes chaussures au pied du sapin. Pour me faire voir, maman a tourné la clé du mécanisme, ma poupée a dansé sur la table en tournant sur elle-même puis s’est arrêtée. Je l’ai alors prise à mon tour pour la remonter. Malheur ! J’ai tourné la clé à l’envers et le mécanisme intérieur s’est cassé ; ma poupée ne pouvait plus danser, elle n’a dansé qu’une seule fois à la maison. Contrariée, maman m’a donné une bonne gifle ! J’ai pleuré. J’ai le souvenir de lui en avoir voulu, j’étais déjà suffisamment peinée par les conséquences de ma maladresse ! Par la suite et encore aujourd’hui, j’ai toujours une appréhension quand je tourne la clé d’un jouet mécanique appartenant à mes petits-enfants !

Françoise, 65 ans : Noël des années 1950…

La fête, c’était la messe de minuit à Combleux célébrée par L’Abbé Brochon que nous aimions beaucoup. L’église brillait de toutes ses pampilles et meubles lustrés. Des habitants animaient une crèche vivante. A Saint-Jean de Braye, François Marchand chantait « Minuit Chrétien ».
La famille se réunissait autour de mes grands parents pour partager et savourer une dinde farcie de marrons accompagnée de la choucroute maison, suivie de multiples douceurs rappelant l’Europe centrale.
Année après année, les jouets variaient, un seul chaque fois ! Un cyclorameur rouge, une patinette blanche sans pédale et deux stylos BIC, un rouge et un bleu, une épicerie et sa balance … et puis des heures inoubliables à jouer avec mes voisines ou voisins de vacances

Yvonne, 69 ans

Chez nous, dans l’Est, près de Sarreguemines en Lorraine, ce n’était pas le Père Noël qui apportait les jouets aux enfants, mais le petit Jésus ! Nous allions en famille à la messe de minuit, et lorsque nous rentrions à la maison, un ange nous attendait près du sapin décoré et entouré de jouets, il était là, souriant, vêtu d’une robe en satin bleu ciel. Dieu que c’était beau !!
J’ai appris par la suite que c’était une voisine, une femme seule, qui faisait cette surprise aux enfants du village.
J’étais gâtée, et comme mes frères, sœurs et cousins, j’avais chaque année :
- un jouet (une grande poupée de porcelaine, un landau, un vélo, ou une voiture à pédales, …).
- un pyjama ou une chemise de nuit.
- un livre (c’est ainsi que mon frère a eu toute la collection des aventures de Tintin)
- une assiette creuse remplie de friandises (mandarines, petits gâteaux secs de Noël appelés Bredeles en Alsace) mais aussi un Père Noël en pain d’épices et un sabot en chocolat avec un petit Jésus en sucre. Je suis grand’mère maintenant et je continue, chaque année à Noël, à faire des petits gâteaux secs pour mes enfants (grands et petits) mais aussi pour offrir à mes voisins et amis que j’aime bien.

Josette, 61 ans

A l’école communale, un goûter nous était offert par la municipalité et servi la veille des vacances de Noël dans la cantine. Après la récréation de l’après-midi, nous allions dans cette ancienne salle de classe transformée en réfectoire et en préau les jours de pluie, et nous faisions des rondes en chantant : « Sur le pont d’Avignon », « Le fermier dans son pré », « Nous n’irons plus au bois », ou « La mère Michel », et « En passant par la Lorraine », ou bien encore « Sur l’pont du Nord » ou « Il était une bergère ». Notre répertoire était vaste et je pense que ces titres réveilleront chez vous aussi, d’agréables souvenirs. Puis, venait l’heure du goûter servi par Thérèse, notre cantinière : crèmes au chocolat et à la vanille, parts de brioche, et chocolats chauds. Nous étions enchantés si Thérèse revenait de la cuisine avec son plat, en nous proposant une petite part supplémentaire ! Puis, nous rentrions chez nous à vélo ; nous continuions à chanter tous ensemble sur le trajet du retour (3 kilomètres), heureux d’être désormais en vacances.

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