Vous êtes dans : Accueil > Vie Citoyenne > Les Ateliers de travail urbain > ATU Ecoquartier du Hameau > Ressource documentaire de l'ATU "écoquartier en centre-ville" > Interview du sociologue Daniel Mandouze

Interview du sociologue Daniel Mandouze

Publié le 3 septembre 2009 par Sylvain BRIENT
Daniel Mandouze, sociologue © Ville de Saint-Jean de Braye Daniel Mandouze, sociologue

Associé à l’urbaniste André Lortie et au paysagiste Philippe Hilaire, le sociologue Daniel Mandouze participe à l’étude (actuellement en cours) préalable à l’aménagement de l’éco-quartier du Grand-Hameau. Chargé aussi d’animer les ateliers de travail urbain, il livre ses premières constatations.

 

Pourquoi travailler avec un sociologue dans le cadre d’un projet d’aménagement comme celui du Grand-Hameau ?

Un projet urbain est, par définition, fait pour créer des conditions d’habitat et on ne peut imaginer de ne pas prendre en compte l’aspect social, le fonctionnement de la ville. La dimension humaine du projet est incontournable.

Est-ce pour ne pas reproduire les erreurs du passé ?

Sans parler proprement de Saint-Jean de Braye, il y a eu des expériences calamiteuses d’aménagements conçus de manière technocratique, où l’on raisonnait uniquement en mètres carrés rentables. Les aménagements étaient conçus sur le plan spatial. La dimension sociale était vue de manière mécanique, c’est à dire que pour « tant de personnes », il faut « tant d’équipements » et de telle ou telle nature.

Qu’est ce que cela change dans la démarche d’aménagement ?

Je crois surtout que c’est le rapport avec les habitants qui a changé. Les habitants n’ont plus envie de subir les aménagements. A ce titre, les ATU leur permettent de donner leur avis pour construire ensemble l’offre et la demande. Ce sont de très bons outils pour faire cheminer en même temps les habitants et les élus dans la réflexion sur l’urbanisme et l’essence même de leur ville. Laboratoire d’idée plutôt que lieux de décision, ils sont là pour élaborer ensemble une autre manière de faire la ville.

Quels sont, selon vous, les traits les plus marquants de Saint-Jean de Braye ?

Je relèverai deux choses : la vraie disposition des Abraysiens à participer à l’évolution de leur ville et l’écoute positive sur les projets.
Les gens ne sont pas bloqués dans une position défensive, ce qu’en sociologie on appelle le syndrome NIMBY , « not in my back yard ». Ce qui pourrait se traduire par « construisez ce que vous voulez mais pas derrière chez moi ». Ils sentent que leur ville est encore en devenir, qu’elle est en cours de réalisation, ce qui, à ce titre, rapproche Saint-Jean de Braye des « villes nouvelles ». Les habitants ont conscience que le paysage actuel ne sera pas éternel et ils veulent être partie prenante de ses transformations.

Quel bilan tirez-vous de ces premiers ATU ?

Daniel Mandouze, sociologue, lors de l'atelier de travail urbain du 8 juillet dernier.
Daniel Mandouze, sociologue, lors de l'atelier de travail urbain du 8 juillet dernier.

Ces ateliers sont très intéressants. Dans le premier, nous avons posé un diagnostic, dans le second nous avons vu les contraintes du site et la marge de manœuvre dont nous disposions en termes d’aménagement. Enfin, dans le troisième, nous avons effectué une visite de terrain et parlé de tous ces éléments sur site, en nous baladant. C’était un moment convivial qui a donné lieu à des remarques vraiment pertinentes.

Vos premières observations sur le centre-ville de Saint-Jean de Braye ?

L’un des phénomènes les plus marquants pour le centre ville est que les commerces sont écartelés entre deux pôles, le premier situé autour de la place de la Planche-de-Pierre, le second le long de l’avenue Louis-Joseph-Soulas. Tout en étant peu éloignés l’un de l’autre, il ne sont pas assez proches pour créer une vraie dynamique commerciale.
Il y aurait un gros risque à vouloir diluer la zone de chalandise vers la ZAC du Grand-Hameau. Il faut au contraire renforcer les services et les commerces existants.

Quels seront les principes d’aménagement de ce nouveau quartier ?

Le but de l’éco-quartier est d’accueillir de nouveaux habitants. Il faut donc favoriser la mixité sociale, la diversité générationnelle, la pluralité des modes de vie, la rencontre. Dans un éco-quartier, il faut que tous les enfants puissent vivre sans la voiture ; les personnes âgées, quant à elles, doivent pouvoir être en contact avec la vie urbaine et avoir tous les services à proximité.
Vieillir ou grandir au clos du Hameau ne peut être pareil que de vivre dans une cité classique. Il faut rapprocher la fonction urbaine et la socialisation dans le contexte d’une ville dense, mais aussi solidaire et à échelle humaine. Construire un éco-quartier en centre ville, c’est véritablement une nouvelle manière de concevoir la ville future et de mettre en œuvre de nouvelles pratiques à expérimenter sur tout le territoire.

Pour en savoir plus:

Lire le profil socio-démographique de la ville de Saint-Jean de Braye:

 

 

Haut de page
  • Partager sur Facebook.
  • Partager sur Twitter.
  • Partager sur Google+.
eZ publish © Inovagora