Discours énoncé lors de la cérémonie commémorative du 14 juillet

Retrouvez le discours énoncé par Vanessa Slimani, maire de Saint-Jean de Braye, et conseillère départementale du Loiret dans le cadre de la commémoration de la Fête Nationale du 14 juillet 2020

 

Liberté égalité fraternité laïcité !

Pour la deuxième année, c’est devant notre mairie que nous célébrons la fête du 14 juillet ; devant notre mairie au fronton de laquelle notre belle devise « Liberté, Égalité, Fraternité » est inscrite. Devise républicaine dont nous devons ici rappeler, dans un contexte social et politique marqué par des tensions autour du fait religieux  qu’elle ne saurait être complète sans la valeur ô combien importante de « Laïcité ». Il est important de rappeler, en effet, que la République sans la laïcité n’est plus vraiment la République, car elle se désagrège alors en communautés, où chacun, renvoyé à son identité singulière, se sépare, se distingue, au lieu de se fondre dans le creuset commun de la citoyenneté partagée.

Le 14 juillet est pour tous un jour de fête.

Comme chaque année à cette occasion, je souhaite, de manière solennelle en cette cérémonie, mettre en avant les valeurs qui fondent la République que nous célébrons.

Je souhaite rappeler notre attachement à ces valeurs fondées, notamment, sur le respect de l’Autre, la fraternité du quotidien, le libre arbitre, le sens de la responsabilité.

La République n’est pas seulement un héritage. C’est une dynamique qui vise à abattre ou à limiter les entraves aux libertés individuelles et collectives, à l’égalité devant la loi et à la solidarité des citoyens les uns envers les autres.

La République est laïque. Elle a pris ses distances avec les religions, sans toutefois les récuser. Elle affirme dans la Constitution respecter toutes les croyances, mais en les considérant comme relevant de l’intime et du privé Elle respecte aussi et reconnaît le droit de ne pas croire.

Elle affirme donc la liberté absolue de conscience fait de l’usage de la Raison dans l’espace public le fondement de la société politique et garantit l’égalité.

Elle se donne pour mission de faciliter la concorde, la vie commune pour qu’au-delà des différences, je le disais des identités, les citoyens appartiennent à la seule et même communauté républicaine et qu’à titre égal ils élaborent notre destin commun.

Les valeurs de la République, c’est l’idée d’une Nation de femmes et d’hommes libres, épris de justice et de paix, non pas renvoyés à leurs héritages, à leurs atavismes, mais coopérant à construire le destin et l’avenir que, librement, établis en corps souverain, ils se choisissent.

Voilà plus de deux siècles que nous célébrons cet idéal de société.

Mais c’est il y a « seulement » 140 ans, par la loi du 6 juillet 1880, que le 14 juillet a été proclamé « Journée de fête nationale annuelle ». Nous associons généralement le 14 juillet à la prise de la Bastille en 1789, mais c’est, dans les faits, le 14 juillet 1790, la Fête de la Fédération, que nous commémorons officiellement en France.

Rappelons-nous l’espérance que la révolution a fait naître.

Rappelons-nous notamment qu’en avril 1792, Condorcet présentait devant l’Assemblée Nationale un projet d’instruction nationale basé sur une égalité de fait. Il introduisait son discours en ces termes :

« Offrir à tous les individus de l’espèce humaine les moyens de pourvoir à leurs besoins, d’assurer leur bien-être, de connaître et d’exercer leurs droits, d’entendre et de remplir leurs devoirs. Assurer à chacun d’eux la facilité de perfectionner son industrie, de se rendre capable des fonctions sociales auxquelles il a droit d’être appelé, de développer toute l’étendue des talents qu’il a reçus de la nature, et par là, établir entre les citoyens une égalité de fait, et rendre réelle l’égalité politique reconnue par la loi : tel doit être le premier but d’une instruction nationale ; et, sous ce point de vue, elle est pour la puissance publique un devoir de justice. »

Rappelons-nous combien nous sommes toujours aujourd’hui, au-delà de ce discours qui est le socle de l’Instruction Publique puis de l’Éducation Nationale, porteurs d’espérance pour un monde d’égalité, juste, fraternel, un monde défini dans la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen dont nous sommes si fiers.

Nous avons tous le devoir d’une société plus juste, plus solidaire, plus respectueuse de l’Autre dans ses différences, plus respectueuse du devenir de la planète. D’une société où chacune, chacun trouve sa place, dans l’harmonie et la sérénité.

Notre action doit toujours être guidée par ces valeurs. Le jour de la fête nationale est l’occasion de le rappeler.

Mais cette cérémonie solennelle est aussi suivie de festivités. Car la République c’est le Peuple réuni, dans la concorde nationale et dans la joie.

Ne nous privons pas des moments où nous nous retrouvons, même si nous devons encore aujourd’hui respecter les gestes de précaution dictés par la crise sanitaire que nous vivons. Ces gestes que nous faisons depuis plusieurs mois sont le signe que, citoyens, nous savons faire preuve de responsabilité individuelle et collective.

Le repas que nous partagerons tout à l’heure, sur l’Esplanade Danton, le grand révolutionnaire qui réclamait pour la République naissante « de l’audace, encore de l’audace, toujours de l’audace » marquera la fête de la Liberté, de l’Égalité, de la Fraternité et de la Laïcité, dans la joie d’une « Saint-Jean de Braye, Audacieuse et Solidaire » !

Je vous souhaite un beau 14 juillet animé et chaleureux.

Vive la République !

Vive la France !

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