Saint-Jean de Braye, de l’antiquité à nos jours
Le confluent des voies romaines, l’une venant de Sens, l’autre de Nevers, au passage du ruisseau de l’Egoutier avant de pénétrer dans Genabum (Orléans) est le fait générateur qui ancre le territoire de Saint-Jean de Braye dans l’histoire : c’est par ce chemin que Jules César passe en 52 avant J.C. pour aller mater la rébellion des Carnutes dans Genabum et s’emparer de la ville. C’est aussi cette voie que les Huns empruntent pour établir leur campement à quelques centaines de mètres de là, au lieu-dit l’Orbette, avant de rebrousser chemin.
C’est toujours en ce lieu qu’en 573 naît Saint Loup, futur évêque de Sens. Ses reliques, rapatriées après sa canonisation, contribuent à fonder ici, en 1249, un couvent et une abbaye d’apanage royal qui perdureront jusqu’à la Révolution. C’est en ce lieu enfin que, le 4 mai 1429, Jeanne d’Arc emporte d’assaut la bastille Saint Loup, établie dans l’enceinte de l’abbaye et tenue par les Anglais, ouvrant ainsi la voie à la libération complète d’Orléans.
En 1893, Saint-Jean de Braye est encore constituée de petits hameaux éparpillés. Le maire de l’époque, Emile Rossignol, décide alors de construire une nouvelle Mairie au centre géographique de la commune, au milieu des champs ! C’est autour de cette Mairie que dans les années 80, s’est constitué petit à petit le noyau du centre ville qui continue à évoluer, pour faire de Saint-Jean de Braye la ville qu’elle est aujourd’hui.
Artiste né à Saint-Jean de Braye en 1891, Henri Gaudier-Brzeska est un dessinateur et sculpteur prolifique. Il est décédé en 1915, lors d’une attaque dans le Pas-de-Calais.
Pour découvrir le parcours qui lui est consacré dans la ville :
La route des illustres est portée par Tourisme Loiret, avec en partenaire Le Souvenir Français et grâce au Mécénat du Crédit Agricole Centre Loire.
Elle vous invite par une suggestion de lieux, de noms, d’époques et de thèmes à sillonner le Loiret à travers la mise en lumière de personnalités illustres parfois méconnues, mais qui ont marqué less villes et villages pour leurs actions notoires dans le mouvement des idées, la vie politique ou militaire, dans le développement des arts et des sciences, dans la vie économique…
Des panneaux sont à découvrir en face de la mairie, sur les Jardins de la Commune. Ils présentent Denis Benoît, Louis Gallouédec, Henri Gaudier-Brzeska, Suzanne Grinberg et la famille Bollée.
Pour découvrir la route, rendez-vous sur https://www.tourismeloiret.com
Le parcours « Mémoires » est estimé à 5,5 kilomètres. Il offre une découverte entre Loire, mémoire de la Résistance et héritage industriel.
Le plan papier est à consulter ici : Parcours mémoires
1 – Point septentrional de la Loire, point le plus au Nord de la courbe de la Loire
Saint-Jean de Braye est bordée par la Loire sur 4,7 km, et c’est ici que le point le plus au Nord de la courbe de la Loire se situe. Le cours du fleuve jusqu’ici Sud-Nord, prend la direction de l’Ouest. Au temps de la marine de Loire, cette irrégularité lui fait subir bien des aléas. Une stèle en bord de Loire au niveau du parc des Armenault matérialise ce point. Elle a été réalisée par les élèves du lycée Gaudier-Brzeska et inaugurée en 2003.

Tourner à droite après le point septentrional. Prendre le chemin en bas des Armenault.
2 – Monument dédié aux époux PELLETIER, résistants du réseau «Confrérie Notre-Dame de Castille»
C’est à la villa Ker Marguerite, en bord de Loire, lieu de villégiature de la famille Pelletier, que Jean et Alice PELLETIER organisaient discrètement leurs activités de résistance. Originaire d’Orléans, Jean alias «Jim» au sein de son réseau «Confrérie Notre-Dame de Castille» retrouvait d’autres compagnons sur les îles de la Loire pour discuter des opérations en cours. Il faisait de même à Asnières où se trouvait sa résidence principale. Plus spécialement chargé de missions de renseignements, Il transformait les documents et courriers du réseau de résistance en microfilms qu’il plaçait dans des contenants pour produits pharmaceutiques dans le laboratoire parisien où il travaillait. Ces informations pouvaient ainsi être expédiées facilement vers l’Angleterre au siège de la France Libre. En juin 1942, il est dénoncé et arrêté par la Gestapo. Déporté en Allemagne successivement à Mauthausen, Dachau, il s’éteindra le 29 mars 1945 dans le camp de Nordhausen à l’âge de 42 ans.
Son épouse Alice qui le soutenait fût arrêtée trois semaines après son mari et déportée en Pologne à Auschwitz. Libérée en 1945, son état de santé ne permettra pas son rapatriement avant 1948, date à laquelle elle retrouvera ses quatre enfants. Alice Pelletier est décédée en 1994.
A l’initiative des associations patriotiques et de la municipalité, une stèle commémorative a été inaugurée en 2008 à l’emplacement de ce lieu de résistance que fut la villa Ker Marguerite aujourd’hui disparue.
Repartir à gauche sur le chemin. Remonter le long des immeubles des Armenault. Tourner à gauche pour reprendre le chemin sur la droite. Au passage, vous pourrez vous arrêter pour admirer le point de vue sur la Loire. Traverser l’avenue Charles Péguy pour rejoindre le mail Charles Péguy. Au passage, vous pourrez faire un détour sur la gauche pour admirer la fresque des vins de Loire au située entre le 125 et le 133, avenue Charles Péguy, témoignant du passé viticole de la commune.
Cette fresque murale, qui ornait les murs de l’ancienne société ACP (Angenault Champilou Piouffre) a été réalisée dans les années 1970 par la société abraysienne EDE spécialisée en sérigraphie. Sa reproduction sur support en 2024 est un projet financé par le budget participatif 2022.
En 1884, la famille Champilou, viticulteurs et négociants en vins, fit l’acquisition d’une propriété de 10 000 m², délimitée au Nord par la ligne de chemin de fer, au Sud par la route allant d’Orléans à Gien, à l’Ouest par un chemin qui allait devenir la rue du Pont Bordeau.
Saint-Jean de Braye était une commune viticole, et ce depuis son origine. Le cépage le plus utilisé, le Gris Meunier, produisait un vin rouge léger et fruité, très apprécié des connaisseurs. Après la destruction des vignes par le phylloxéra vers 1882, les vignerons se sont reconvertis dans la polyculture, mais sans éliminer la vigne. D’année en année, les vignes ont disparu. Elles ont été remplacées vers 1930 par des poiriers et pommiers. La propriété fut ensuite morcelée en 1950 : la ville acheta la partie Nord alors que la partie Sud fut destinée à l’activité professionnelle du négoce de vins avec la création de la société ACP (Angenault Champilou Piouffre). Les activités de la société se développèrent d’une façon importante pour culminer au cours des années 1975 – 1984. Le Gris Meunier, vin local, était la spécialité de la société ACP.
En 1998, la maison Champilou s’est installée à l’emplacement de la société ACP, devenue propriété de la ville. Aujourd’hui connue sous le nom de Maison des Jeunes et des Sportifs, elle accueille les Abraysiens et leur propose des activités culturelles et sportives.
Tourner à gauche. Prendre le chemin jusqu’au boulevard John Fitzgerald Kennedy à continuer jusqu’au stade du pont Bordeau. Après le stade, poursuivre par la venelle tout droit. Tourner à droite, rue Benjamin Franklin. Au bout de la rue, en face, au 73, avenue du capitaine Jean, vous pouvez voir la maison de Bernard Cognet.
3 – Capitaine JEAN, résistant, membre de « Vengeance », groupe de Saint-Jean de Braye
L’avenue porte son nom. En entrant dans la résistance, le Capitaine Jean adopte le pseudonyme de « Triomphe ». En tant qu’agent de liaison, il organise des parachutages avec les fermes isolées de la commune. Il fournissait également de fausses pièces d’identité. Souffrant de rhumatismes, il n’assistait que très rarement aux rencontres. Il n’était donc pas connu des délateurs, ce qui lui permit d’échapper à de nombreuses arrestations. Après-guerre, il a témoigné des faits d’armes de ses camarades résistants.
4 – Bernard COGNET, résistant, membre de « Vengeance », groupe de Saint-Jean de Braye
Bernard COGNET n’avait que 18 ans lorsqu’en 1941 il entre dans la résistance en intégrant le groupe « Vengeance », sous le pseudonyme de « Pierre ». Arrêté en 1944 par la gestapo allemande, torturé, emprisonné à Fresnes dans le quartier des condamnés à mort, il est ensuite déporté à Mauthausen puis au camp d’extermination de Grüsen. A la libération, sa carrière reprend dans les troupes coloniales en Indochine puis à Madagascar. Blessé quatre fois, il revient à l’état-major d’Orléans où sa santé le pousse à se résoudre à prendre sa retraite anticipée. Le commandant COGNET accepte en 1971 d’intégrer l’équipe municipale et devient adjoint au maire jusqu’en 1977. Il demeure président de plusieurs associations patriotiques nationales ou départementales et témoignera de son expérience dans de nombreuses conférences et interventions auprès des collégiens et lycéens.
Prendre à gauche sur l’avenue du capitaine Jean. Au rond-point, poursuivre tout droit. Au numéro 29, la maison de Marcel Pilongery.
5 – Marcel PILONGERY, arrêté pour détention illégale d’armes par les Allemands et fusillé en 1941
Cheminot, père de six enfants, Marcel PILONGERY âgé de 39 ans, fut arrêté par les Allemands pour « détention illégale d’armes et menées communistes », le 17 septembre 1941. Quelques armes en mauvais état et dont il n’avait plus l’usage furent effectivement retrouvées dans son grenier. Emprisonné à Orléans, celui qui n’appartenait manifestement pas à un réseau de résistants, fut condamné à mort et fusillé le 29 septembre 1941.
Au 11, avenue du Capitaine Jean, le lieu du garage GUYOT.
6 – Albert GUYOT, pilote automobile et pionnier de l’aviation
Né en 1881 au 11 avenue du Capitaine Jean, Albert GUYOT développe très tôt dans l’atelier de son père réparateur de cycles et d’automobiles une passion pour la mécanique. Vainqueur de sa première course à 27 ans sur une Delage, il brille sur les circuits français et américains, notamment au Grand Prix d’Indianapolis. Il construit la « Guyot Spéciale », voiture de course à son nom. Passionné d’aviation, il réalise dès 1909 des démonstrations à Saint-Pétersbourg et Moscou. Ses exploits se multiplient et participent au rayonnement de l’aviation française. Fait chevalier de la Légion d’honneur, il décède en 1947.

Poursuivre à la pointe Saint-Loup.
7 – Maurice BROUARD, industriel du négoce du vin et la pointe Saint-Loup, un quartier foisonnant entre essor industriel et tradition viticole
Issu d’une lignée de maires et d’industriels, Maurice BROUARD fait prospérer dès 1914 le négoce familial de vin. À la Pointe Saint-Loup, il installe cuves géantes, camions-citernes filtrants et équipements modernes. L’entreprise livre dans un rayon de 200 km et devient la plus importante de la région. À sa mort, elle est reprise par Castelvins, puis ferme en 1968. Les bâtiments ont disparu au profit d’une résidence et d’un supermarché.
Pointe Saint-Loup : Au XIXe siècle, la Pointe Saint-Loup mêle tradition viticole et essor industriel. On y chante le « p’tit pinard de Saint-Jean de Braye » et célèbre la Saint-Vincent. Cafés, débits de vin et manufactures cohabitent. Une intense activité industrielle s’y développe : fonderies, vinaigrerie, distillerie, gaz, vernis, grès… La fonderie des cloches Bollée, active jusqu’en 2014, en est le dernier témoin. (Point 13 du parcours)
Tramway : En 1877, Orléans est la première ville moyenne de France à se doter du tramway. Mise en service en 1904, la ligne 3 Martroi–Saint-Loup est inaugurée dans l’enthousiasme. Mais dès 1938, le tramway est remplacé par le bus, victime de la montée en puissance de l’automobile.
A noter le monument commémoratif, inauguré en 1929 par Louis GALLOUEDEC, marquant l’emplacement de l’ancienne bastille où Jeanne d’Arc affronta les Anglais en 1429.
Ensuite, prendre à droite le petit chemin conduisant au parc du Vallon Saint Loup. Poursuivre à droite.
8 – La cité Saint-Loup et les usines d’Ambert, l’Égoutier
En 1917, en pleine Première Guerre mondiale, la Compagnie Générale d’Électricité (CGE) choisit Saint-Jean de Braye pour implanter une usine de munitions. Dès juin, les ateliers de la rue d’Ambert emploient 3000 personnes, majoritairement des femmes, des mutilés de guerre, des jeunes et plus de 600 ouvriers étrangers. Après 1918, l’usine réoriente son activité vers les secteurs électriques et mécaniques, marquant durablement l’économie locale.
Pour loger cette main-d’œuvre, la CGE construit notamment la cité Saint-Loup, édifiée vers 1925. Ses maisons alignées, fonctionnelles, sont typiques de l’habitat ouvrier du début du XXᵉ siècle. La restauration de 1995, menée par la ville et l’OPAC du Loiret, a permis de moderniser l’ensemble sans altérer son caractère historique. Aujourd’hui, la cité compte 48 appartements gérés par Logem Loiret et témoigne de la transformation de Saint-Jean de Braye d’un village rural en une ville industrialisée.
L’Égoutier, ruisseau oublié : Long de 4,5 km, l’Égoutier est l’un des trois cours d’eau de la commune. Il prend sa source en forêt d’Orléans et rejoint la Loire à Saint-Loup en passant sous le canal.Simple ruisseau forestier autrefois, son débit irrégulier causait tour à tour inondations et sécheresses. Son entretien était à la charge des riverains.
Avec l’urbanisation et des raccordements anarchiques, l’Égoutier se transforme en cloaque, pollué par fioul, eaux usées et déchets, suscitant la colère des habitants. Par mesure de salubrité, son busage est décidé en 1963. Les travaux, réalisés entre 1967 et 1970, enterrent le ruisseau, mettant fin aux nuisances et laissant place à un bel espace arboré.
Poursuivre le chemin tout droit puis bifurquer à gauche avant la route. Tourner à gauche sur la rue Pierre Louguet en direction du château d’eau. Au 56, rue d’Ambert, la maison de Pierre LOUGUET.
9 – Pierre LOUGUET, résistant au maquis de SAMATHA en Sologne, membre de « Vengeance », groupe de Saint-Jean de Braye
Pierre LOUGUET est né en 1923 à Saint-Omer (62). Son père, cadre à la Banque de France est affecté à Orléans et la famille s’installe à Saint-Jean de Braye au n°56 de la rue d’Ambert. Réfractaire au STO (Service du Travail Obligatoire), il devient en 1943 l’un des plus jeunes résistants de Saint-Jean de Braye. Il rejoint le maquis de SAMATHA en Sologne, qui se charge de la réception des parachutages qui alimentent en armes la Résistance française. Il est arrêté par la Gestapo le 1er août 1944 et déporté à Buchenwald puis aux mines de sel de Strassfort. A la libération en 1945, les Allemands évacuent le camp et poussent les prisonniers épuisés dans une marche forcée à laquelle il ne survivra pas, il avait 22 ans.
Pierre LOUGUET appartenait au groupement des Corps Francs « VENGEANCE » qui compta 89 morts dans le Loiret. Depuis 1959, une rue porte son nom et une plaque commémorative financée par un mouvement de solidarité aux martyrs de la Résistance est scellée sur la maison.
Prendre à gauche la rue d’Ambert. Prendre à droite la rue aux Ligneaux. Prendre la 2e rue à gauche, rue de la Glacière.
10 – Usine des poteries LABRUT & RECULLÉ
L’histoire des poteries LABRUT & RECULLÉ remonte à la fin du XVIIIe siècle, lorsqu’un potier du nom de BASSEVILLE s’installa non-loin de Saint-Jean de Braye, rue de Bourgogne à Orléans. Au fil des générations et de collaborations, l’entreprise prospérant vint finalement en 1910 installer ses vastes usines rue de la Glacière à Saint-Jean de Braye. Le Président, en visite à Orléans en 1929, qualifiait la poterie LABRUT & RECULLÉ, des plus anciennes de France. Ses usines produisent une grande variété de faïences et d’objets usuels en grès fin : terrines, plats, brocs, bouteilles, pots à rillettes, à confiture et à moutarde. Ils sont vernissés selon un procédé particulier découvert dans les ateliers LABREC (réduction du nom des deux associés). Deux cents ouvriers (potiers, malaxeurs, tourneurs, chauffeurs-mécaniciens, voyageurs, etc.) travaillent dans cette immense et moderne usine qui conserve, malgré tout, les modes de fabrication traditionnels des fondateurs.
Mais des nouveaux matériaux comme le plastique viennent concurrencer le grès, l’activité décline et la manufacture ferme en 1939. Aujourd’hui, il ne reste plus rien des anciens ateliers. Seule la maison d’Andrée Recullé, la dernière propriétaire de l’entreprise, est toujours visible au n°10 rue de la Glacière. Elle en a fait don à sa mort en 1996 à la commune de Saint-Jean de Braye.
Tourner à droite, rue du Faubourg Bourgogne. Au 133, rue du Faubourg de Bourgogne, la maison des sœurs COSSON.
11 – Les sœurs COSSON, résistantes engagées dans le sauvetage de familles juives
Originaires d’Orléans, Lydia et Renée COSSON grandissent à Saint-Jean de Braye. Elles s’engagent très jeunes contre l’injustice, sensibilisées lors d’un voyage en Roumanie. Avant même la Seconde Guerre mondiale, elles soutiennent les républicains espagnols. Sous l’Occupation, Renée, aidée de Lydia, organise la fuite de familles juives vers la zone libre, sauvant huit familles. Par humilité, Renée refuse en 1980 la reconnaissance de « Juste parmi les Nations ». Après-guerre, Renée travaille à L’Humanité et devient secrétaire du député communiste Albert RIGAL. Elle joue aussi un rôle actif contre la rumeur antisémite d’Orléans en 1969. Leur vie s’achève tragiquement en 1988 lors d’une agression : Lydia décède, Renée survit mais reste profondément marquée. Elle s’éteint en 2003. Discrètes de leur vivant, leur courage et leur humanité sont aujourd’hui honorés.
Faire demi-tour pour continuer sur le Faubourg. A gauche, à l’angle de la rue Gallouédec, la Pomme de Pin, ancien séminaire, hôpital puis école Gallouédec
12 – Pomme de Pin, ancien séminaire, hôpital de guerre puis école communale
Ancienne maison de campagne du XVIIe siècle, le Séminaire d’Orléans achète en 1807 ce domaine composé d’un bâtiment de maître, de dépendances et d’une chapelle. Une nef unique compose cette dernière. Elle est couverte d’un plafond vouté, percé de verrières rondes et orné de médaillons en plâtre. Son chœur est de style baroque, encadré de pilastres et moulures dorées. La commune devient propriétaire de l’ensemble en 1912, dans le but d’en faire une école. Mais la survenue de la guerre de 1914 stoppe les travaux, et la ville offre la Pomme de Pin à l’association des Dames Françaises pour y installer un hôpital.
L’école de la Pomme de Pin est finalement ouverte en 1928 à l’initiative de Louis GALLOUEDEC, alors maire de Saint-Jean de Braye. C’est le nom de ce célèbre géographe, auteur entre autres de nombreux manuels scolaires de géographie qui sera donné en 1958 au groupe scolaire Louis GALLOUEDEC.
Il faut rappeler l’engagement très ancien de la commune pour l’éducation des enfants. Si l’on n’a pas trouvé de nom de maître d’école avant la révolution, une délibération de l’an 9 stipule tout de même qu’« il y a toujours eu à Saint-Jean de Braye des écoles pour l’un et l’autre sexe». Le premier instituteur dont le nom est officiellement inscrit, est celui de Sébastien GANGNEUX.
Traverser le Faubourg. Au 156 rue du Faubourg de Bourgogne, la fonderie de cloches BOLLÉE.
13 – Fonderie de cloches Bollée
Le musée campanaire Bollée retrace l’histoire de la famille Bollée, fabricants de cloches depuis 1715, et nous fait pénétrer dans l’univers des fondeurs.
Le musée familial retrace l’histoire de ces derniers fabricants de cloches. Maîtres saintiers depuis le XVIIIe siècle, la famille Bollée se sédentarise et installe ses ateliers à Saint-Jean de Braye en 1838 dans le quartier Saint-Loup. Sur huit générations, elle a conçu plus de 40 000 cloches, réparties sur tous les continents, qui résonnent dans les cathédrales et sur les bateaux de la marine. Le musée retrace les différentes étapes de fabrication d’une cloche : de la confection du moule à la gravure des lettres en passant par la recherche de la note parfaite. Une partie de la famille Bollée se délocalise dans la Sarthe à compter de 1840 pour poursuivre la fabrication de cloches mais également d’éoliennes.
Plus d’informations sur la page dédiée
Poursuivre. Au 150, rue du Faubourg de Bourgogne, la maison d’Arnaud de Saxcé « La Grâce de Dieu »
14 – Arnaud DE SAXCÉ, pilote des Forces Aériennes Françaises Libres, héros de la Seconde Guerre mondiale
Arnaud de SAXCE, fils du lieutenant-colonel Jean de SAXCÉ et d’Élisabeth D’ORNANT, naît ici le 10 août 1919, à la Grâce de Dieu. Passionné d’aviation dès l’enfance, il obtient son brevet de pilote de tourisme, puis s’engage dans l’armée de l’air en 1939. Refusant l’armistice, il rejoint les Forces Aériennes Françaises Libres en Angleterre en 1940. Lieutenant de l’escadrille « Strasbourg » du groupe « Alsace » il enchaîne 22 mois d’opérations aériennes sans repos, y compris le débarquement de Normandie. Abattu en mission aux Pays-Bas le 10 avril 1945, son corps sera rapatrié à Saint-Jean de Braye le 27 juillet 1949. Le général de Gaulle lui rend hommage : « Arnaud était un brave, un généreux, un excellent. Ce sont les Arnaud qui nous auront sauvés en se faisant tuer pour la France. » Il est fait chevalier de la Légion d’honneur, croix de guerre 39-45 avec six palmes et une Étoile d’Argent. La commune lui dédie une rue en 2016.
Poursuivre. Tourner à gauche dans la venelle du Mont. Au 10 venelle du Mont, la maison d’André LAURENCEAU.
15 – André LAURENCEAU, maire de 1963 à 1971, dont le mandat a été marqué par une expansion de la ville
Originaire de Vannes-sur-Cosson, élève de l’école publique de cette commune, puis du lycée Benjamin Franklin à Orléans, qu’il quitte en 1913 pour entrer au service de la maison Dessaux et ensuite de la Société Générale où il franchit tous les échelons de la profession bancaire. Cela le conduira d’Orléans au Puy, à Vitry-le-François, à Thiers, à Annecy, Nancy et Chartres, comme directeur du groupe des agences d’Eure-et-Loir. Au terme de sa carrière bancaire, André LAURENCEAU dont la jeunesse avait été marquée par le militantisme social et politique dans les rangs de la jeune République et du mouvement social catholique, se consacre à nouveau aux affaires publiques en entrant au conseil municipal de Saint-Jean de Braye, comme adjoint de Louis PETIT, auquel il succède en juin 1963 jusqu’en mars 1971.
Durant ses 8 années de mandat et pour accompagner l’arrivée massive de nouveaux habitants (population qui a doublé en 10 ans), de nombreuses constructions sont réalisées sur la commune, aussi bien des maisons individuelles que des immeubles (logements locatif ou en propriété). Cette expansion s’est également traduite par de nombreux travaux d’équipements : assainissement (canalisation de l’Égoutier et de la Corne), voirie, distribution d’eau, équipements sociaux, culturels et sportifs.
La vie scolaire a également beaucoup évolué : construction du groupe scolaire Louis Petit au Pont Bordeau, agrandissement des groupes scolaires Gallouédec et Jean Zay, construction du collège Saint Exupéry. La commune se dote également du Centre de Loisirs de la Godde.
D’autres équipements ont vu le jour sur cette période : la nouvelle caserne des pompiers, le bureau de Poste de la rue Jean Zay, l’école de musique au Vieux Bourg, sans oublier le développement de la Zone Industrielle avec un nouveau projet fort : la venue à Saint-Jean de Braye de la Société des Parfums Christian Dior dont l’implantation définitive sera réalisée en 1973.
Monsieur LAURENCEAU est également à la création en 1964 d’un «Bulletin municipal», qu’il voyait comme un trait d’union entre la municipalité et tous ses habitants. Il espérait que ce bulletin devienne une sorte d’album de famille, agréable à feuilleter en évoquant les moments vécus et comme un stimulant pour ceux qui lui succèderaient. Abraysien érudit, André LAURENCEAU est également l’auteur de nombreuses monographies historiques sur Saint-Jean de Braye, sources d’informations précieuses pour l’histoire locale.
En 1974, Il célèbre ses noces d’Or à la mairie de Saint-Jean de Braye, précisément là où, 50 ans plus tôt, il s’était marié à Berthe. A cette occasion, il reçoit la médaille d’honneur de la commune des mains du maire de l’époque Marcel JORIOT.
Déboucher sur le chemin haut du canal. Prendre le chemin haut à gauche. Sur la gauche, vous apercevrez l’éolienne Bollée
16 – L’éolienne BOLLÉE
Une partie de la famille Bollée se délocalise dans la Sarthe à compter de 1840 pour poursuivre la fabrication de cloches mais également d’éoliennes. Le musée abrite « l’éolienne Bollée », réalisée en 1872, unique grâce à son escalier à barreaux tournant autour d’une colonne. Elle est classée monument historique depuis 1993.
Plus d’informations sur la page dédiée
17 – Les joutes, sport nautique pratiqué à partir de 1900 sur le canal à la hauteur de Saint-Loup
Poursuivre par le chemin haut (promenade du Front de Loire) pour rejoindre le point septentrional de la Loire.
18 – Le canal d’Orléans et ses marques de crues
La promenade du Front de Loire commence à la Cité des Châtaigniers et se termine à notre limite avec Combleux, au lieu-dit « le Pont Maingault » sur la Bionne. Elle emprunte le tracé de l’ancien chemin de halage de Loire.
Maurice Genevoix qualifiait ainsi la Loire : « la conquérante, la fantasque, la rivière aux menteuses langueurs, aux brusques colères ». Les éléments historiques qui jalonnent son histoire le confirment. Ainsi les crues de Loire continuent d’être redoutées tant les chiffres sont impressionnants, et les marques de crues entretenues et toujours visibles sur le mur du château de Saint-Loup le prouvent. La première crue historiquement datée est celle de 572. Et entre cette date et 1846 on en dénombre 156 ! Deux grandes crues ont marqué l’histoire pour les dommages qu’elles causèrent.
- 1846 on relevait 6.78 mètres au-dessus de l’étiage, 2 ponts écroulés et la levée de Sandillon éventrée.
- 1856 on relevait 7.10 mètres au-dessus de l’étiage, 400 000 hectares inondés et 100 maisons détruites.
La Loire a aussi offert une vision de banquise certains hivers rigoureux. Le dernier embâcle de janvier 1985 reste l’un des plus mémorables. Les températures à -18° ont permis un amoncellement de glace tel, que l’on s’inquiéta pour les ponts. Et quand arriva la débâcle, elle charria des blocs estimés à plus d’une tonne, qui s’amoncelaient sur la rive formant des murs de plusieurs mètres de haut.
La Loire a été la principale voie de communication de la France durant de longs siècles. Et tout à la fois, faisait tourner les moulins, servait au lavage du linge, de la laine et au tannage des peaux et faisait vivre les familles grâce à la pêche.
Le parcours « Nature » est estimé à 8 kilomètres, avec une variante additionnelle de 6 km. Il offre une découverte de la Bionne, de la biodiversité locale et des belles demeures de Saint-Jean de Braye.
Le plan papier est à consulter ici : Parcours nature
Pour débuter le parcours…
Se garer sur le parking de l’extension du parc. Prendre le chemin qui part tout droit sur la gauche jusqu’à la sortie du parc. Prendre à droite rue des Longues allées. Tourner à gauche allée des Saumons pour rejoindre le bord de Loire par la gauche.
1 – Pont Maingault, jonction de la Bionne et du canal d’Orléans
Lieudit à l’extrémité Sud-Est de la commune et franchissant la Bionne vers Combleux. Au temps de la marine de Loire, le terre-plein du pont Maingault était un garage à bateaux et une aire de réparation des diverses embarcations. Un calvaire se dresse à proximité. Il était dans son agréable environnement un lieu apprécié par les promeneurs. On y bénéficie également d’une jolie vue sur la Loire.
Emprunter le chemin de la Canche.
2 – Ancien site d’IBM
En 1963, la société américaine IBM (International Business Machine) achète deux propriétés bordant la Bionne : le Petit Poinville et Sainte-Marie, possédant chacune un château du XVIe siècle, au total un site de 23 ha. Le Petit Poinville a aujourd’hui disparu, alors que Sainte-Marie, toujours caché au cœur de bosquets et de grands arbres, reste méconnu des Abraysiens. En 1966, est inauguré le centre administratif de 11 000 m² où, au plus fort de son activité, travaillaient 1 400 personnes.
En 2005, IBM quitte Saint-Jean de Braye pour s’installer sur un site plus petit à Boigny-sur-Bionne. Aujourd’hui, seul demeure le restaurant d’entreprise, bâtiment classé.
Tourner à droite au niveau du parking, puis poursuivre le chemin tout droit. Au bout, remonter par la gauche, par la rue des Aubraies.
3 – La micro-forêt et la Bionne, une zone de biodiversité préservée
Ville en transition, Saint-Jean de Braye a inauguré sa première micro-forêt en 2023. Selon la méthode du botaniste Akira Miyawaki, plus de 9 000 arbres d’espèces locales ont été plantés sur un terrain de 3 374 m². Basée sur le développement naturel des arbres, une jeune forêt primaire pourra se reconstituer en l’espace de 30 ans. Les entreprises partenaires à cette action de contribution carbone sont : Christian Dior, Roy Energie, Keolis et Rexel.
En 2021 une zone humide est aménagée autour de la Bionne, préservant 6 hectares d’espaces naturels découvrables grâce à un parcours pédagogique.
Porté par le Syndicat des bassins versants de la Bionne, du Cens et de leurs affluents (SIBCCA), un vaste programme de restauration a été mené pour redonner à la rivière un aspect plus naturel. Objectif : atteindre le bon état écologique défini par la Directive Cadre Européenne sur l’Eau.
Sur la commune de Boigny-sur-Bionne et jusqu’à Saint-Jean-de-Braye, les travaux ont permis de restaurer plus d’un kilomètre de cours d’eau et une zone humide sur le site de la Bédinière. La suppression de clapets, de moulins et d’ouvrages obsolètes a rétabli la continuité écologique du lit mineur, essentielle à la circulation des poissons et à l’équilibre sédimentaire. Les berges ont été remodelées, végétalisées et replantées avec des essences locales.
Les premiers résultats sont visibles : castors, batraciens, oiseaux et insectes recolonisent peu à peu les lieux. En parallèle, de nombreux déchets ont été retirés, rendant à la Bionne son rôle de corridor écologique et de régulateur naturel face aux crues.
Prendre à droite le petit chemin sinueux. Poursuivre le chemin tout droit. Au bout, remonter par la gauche par la rue des Aubraies.
4 – Château de Bionne
Cette belle demeure prend le nom de château en 1860. Bordé au Sud par la Bionne, le bâtiment se compose d’un corps de logis principal, prolongé de deux pavillons asymétriques, dont l’un est de forme polygonale. Au XIXe siècle elle est résidence secondaire.
Durant l’occupation allemande, ses bâtiments accueillent un centre de jeunesse qui assure gîte et couvert à des jeunes en difficultés. C’est ensuite une hôtellerie de charme qui occupera le château et son parc. Hôtel trois étoiles avec piscine, terrain de tennis et son restaurant gastronomique feront la réputation du lieu jusque dans les années 1990.
En 2010, une partie de la propriété est vendue à un promoteur privé pour la construction d’un ensemble immobilier « Les Demeures de Bionne ».
Tourner à droite avenue Pierre et Marie Curie. Emprunter le passage piéton et poursuivre jusqu’à la rue de la Bédinière (2e à gauche).
5 – Fromager et maraîcher, un savoir-faire local entre culture de légumes et production laitière traditionnelle
Une chèvrerie au n°12 rue de la Bédinière : lors d’une visite en Loir-et-Cher chez un éleveur, madame COLIN découvre la chèvre alpine. Son amour des animaux lui fait en adopter une première. Libre de son temps, madame COLIN décide d’en faire un petit élevage et de produire dans les années 60 un excellent fromage de chèvre dénommé « le Bionne ».
Un maraîcher au n°17 rue de la Bédinière : la production était bonne, et pour gérer le volume des récoltes, monsieur LANDRE avait installé rails et wagonnets qui quadrillaient la propriété pour transporter les légumes. Il chargeait ensuite ses légumes dans son camion Citroën et se rendait aux Halles, place du Châtelet à Orléans, pour les vendre. Les terrains ont depuis été vendus, et un lotissement s’y est implanté en 2021.
Continuer tout droit.
6 – Pont de chemin de fer
Sous le pont coule une histoire. 1870 est une année importante pour Saint-Jean de Braye car elle annonce l’expropriation, pour cause d’utilité publique, des terrains et bâtiments concernés par la construction de la ligne de chemin de fer Orléans-Gien. Ce ne sont pas moins de 342 parcelles qui sont concernées et sujets parfois de longues négociations. Ce pont est un des ouvrages nécessaires sur l’emprise du tracé. Le chemin de fer est finalement mis en service en 1873. Mais l’emplacement de la gare prend encore quelques années à être déterminé tant l’enjeu déchaine les passions : qui de Chécy ou Saint-Jean de Braye serait choisi ? En outre, le Conseil Municipal souhaite une gare rue de la Vallée, quand la Compagnie des Chemins de fer préfère le quartier de « Roche ». Ce n’est que plus de dix ans après que la gare trouve son emplacement actuel sur notre commune.
En 1939 la nouvelle de la suppression du transport de voyageurs sur cette ligne est annoncée. Les vives protestations de la municipalité et des usagers permettent néanmoins que ce service perdure jusqu’en 1946. Aujourd’hui encore, seuls les trains de marchandises empruntent cette voie quotidiennement.
Passer sous le pont de chemin de fer. Poursuivre tout droit.
7 – Les « campagnes », la Bionne, le château de la Bédinière
Autrefois Saint-Jean de Braye était une localité rurale, aux deux-tiers peuplée de vignerons. Située en bords de Loire et aux portes de la forêt d’Orléans, les longues balades, les sorties en barque et les plages de sable fin offrent de nombreux loisirs. Aussi, notre commune a longtemps été considérée comme un lieu de villégiature fort prisé de la haute société orléanaise et parisienne, qui y fait construire de grandes et belles « campagnes ». Châteaux, manoirs, belles demeures, on en dénombre aux alentours de 80 : Coquille, Belle Allée, Mondésir, Miramion, etc. Nombre d’entre elles ont toutefois perdu l’essentiel de leurs parcs et clos de vignes, cédés au profit de la construction de lotissements.
Les archives manquent concernant le château de la Bédinière au n°115 rue de la Bédinière), mais sa présence au cadastre napoléonien de 1834 atteste de son grand âge.
Au cœur du territoire abraysien, la Bionne serpente discrètement, mais joue un rôle essentiel dans la préservation de notre biodiversité locale. Ce cours d’eau, affluent de la Loire, qui prend sa source en forêt d’Orléans et s’écoule jusqu’au canal d’Orléans à la limite de Saint-Jean de Braye et Combleux, traverse une diversité de milieux naturels riches en faune et flore. Longue d’environ 18 kilomètres, la Bionne voit son nom changer selon les secteurs : appelée l’Esse ou la Grande Esse en amont, elle devient la Bionne après sa confluence avec le Ruet. La Bionne traverse 11 communes. Les premières matrices cadastrales de 1836 indiquaient la présence de deux moulins à eau sur le cours de la Bionne : le Moulin Pinault au niveau du château de la Bédinière, détruit en 1877, et le Moulin de Bionne, transformé en 1904 en maison de caractère au 137 avenue Pierre et Marie Curie.
Emprunter le chemin. Poursuivre le chemin jusque pratiquement au bout du lotissement. Longer le parc avec les jeux et le terrain de sport. Poursuivre sur le chemin qui devient goudronné jusqu’au château de la Motte Saint-Euverte.
8 – Château de la Motte Saint-Euverte
Ce manoir était un lieu de repos des abbés de Saint-Euverte d’Orléans, d’où son nom. Saint-Euverte, quatrième évêque d’Orléans est mort vers 391, et de l’ancienne abbaye ne reste à Orléans que l’église et le collège-lycée Saint-Euverte.
La construction du château remonte vraisemblablement au XVIIe siècle. Des fossés l’entourent et sont alimentés en eau par la Bionne. Excepté le pont-levis qui a disparu, « La Motte Saint-Euverte » n’a pas subi de transformations et offre toujours l’aspect de l’agréable résidence secondaire d’autrefois. Aux lignes gracieuses de ses fenêtres, s’ajoutent nombre de statues et sculptures qui agrémentent le parc arboré. Une observation plus fine permet de découvrir, sculptées aux quatre angles du manoir, les allégories des quatre saisons.
Faire demi-tour pour reprendre l’allée des Tilleuls. Prendre à gauche la rue des Bouleaux. Prendre à gauche la rue de Frédeville. Emprunter à droite la rue Clozeau. Tourner à gauche rue de la Binoche. Prendre à droite le chemin des collégiens. Traverser la rue de la Bissonnerie. Reprendre en face le chemin des collégiens jusqu’à la rue du Petit Bois. Tourner à gauche sur le sentier de l’Orme aux Loups. Reprendre à gauche la route. Arriver au petit bois, longer le tir à l’arc.
9 – Trame verte et bleue, un maillage écologique reliant milieux naturels et corridors de biodiversité
La trame verte et bleue est un projet d’aménagement visant à préserver un réseau écologique continu à l’échelle nationale. Elle assure la libre circulation, l’alimentation, la reproduction et le repos des espèces animales et végétales, conditions indispensables au maintien des écosystèmes et à la survie humaine. Issue du Grenelle de l’Environnement, son intégration est désormais obligatoire dans les documents d’urbanisme. Saint-Jean de Braye s’est engagée dans cette démarche en acquérant plusieurs terrains naturels à l’est de la commune.
L’objectif est de créer un corridor écologique entre la forêt d’Orléans (trame verte) et la Loire (trame bleue), en lien avec le Schéma Régional de Cohérence Écologique (SRCE) du Centre-Val de Loire. Le Bois de Coquille, le Petit Bois, le cimetière paysager de Frédeville, la Bionne, le Canal et la Loire constituent cet ensemble naturel protégé. Des mesures spécifiques visent à préserver arbres, zones humides et biodiversité, garants de l’équilibre environnemental local.
Longer le cimetière paysager.
10 – Cimetière paysager Frédeville
Créé en 2002 par la paysagiste Brigitte Barbier et l’architecte Patrice Debaque, le cimetière paysager de Frédeville marque une évolution dans la conception des lieux de mémoire. Il s’intègre au paysage naturel existant, valorisant l’ambiance forestière du site pour offrir un cadre serein, propice au recueillement.
Un cheminement ombragé traverse le cimetière, menant à une vaste clairière lumineuse. De part et d’autre, les sépultures sont réparties en îlots mêlant tombes traditionnelles, sépultures paysagères et colombarium discret intégré dans des murets de pierre. Le jardin du souvenir, d’inspiration asiatique, propose un sentier de bois serpentant entre bambous et galets, permettant de disperser les cendres dans un cadre apaisant. À l’entrée principale, une salle omniculte et un préau accueillent les familles en toute simplicité. Discrètement implanté dans une coupure verte, bordé de chemins ruraux et fermé par des haies, le cimetière conserve l’équilibre entre monumentalité et intimité. Deux accès distincts assurent la tranquillité des cérémonies.
Tourner à droite rue de Frédeville.
11 – Belle Allée
La propriété tient son nom d’une grande et belle allée qui rejoignait la route nationale. Mais la construction de la ligne de chemin de fer Orléans-Gien a coupé le domaine en 1879. De son grand parc boisé de deux hectares, demeure entre autres un majestueux cèdre bleu classé arbre remarquable. Le bâtiment détruit a laissé la place en 1985 au lotissement de « la Clairière », construit par la Société orléanaise d’HLM. Cela constitue la première réalisation importante de pavillons locatifs à Saint-Jean de Braye. Pour garder le caractère d’un parc, les clôtures individuelles ont été exclues, une grande partie des emplacements de stationnement enterrés et les voies de circulation intérieures limitées. L’intégration du projet dans un terrain boisé classé en site protégé est ainsi respectée. Rue de Roche, on peut toujours profiter de la présence du grand portail en fer forgé, conservé comme témoin du passé.
Tourner à gauche, rue Champillou. Tourner à gauche et passer devant l’école.
12 – Marronnier Anne-Frank
Anne FRANK, jeune juive allemande ayant vécu la majeure partie de sa vie aux Pays-Bas, est décédée en 1945 dans le camp de Bergen-Belsen.
En 2013 pour l’inauguration du nouveau groupe scolaire Anne FRANK, la commune s’est rapprochée de la fondation pour l’arbre d’Anne FRANK afin d’obtenir un des rares jeunes plants issus du marronnier qu’Anne FRANK évoque à trois reprises dans son célèbre journal. Visible de la lucarne du grenier qui surplombait « l’Annexe », à Amsterdam, où elle se dissimulait avec sa famille, l’arbre centenaire constituait pour la jeune fille l’une des rares portes ouvertes vers l’extérieur, rythmant sa vie au fil des saisons. Ces boutures incarnent un symbole très fort de liberté et de fraternité. C’est pourquoi la Fondation les réserve aux établissements de par le monde ayant pris le nom d’Anne FRANK.
En 2020, après quelques années en serres municipales, le marronnier est finalement planté en pleine terre face à l’école du même nom. Cet arbre de vie est un hommage aux victimes des camps de la mort, pour que s’enracine le devoir de mémoire
Traverser et prendre le chemin le long de l’écoquartier, proche de la voie du tram. Couper le boulevard Emile Bernon pour aller tout droit rue de la Mairie et rejoindre le Parc des Longues Allées.
13 – Caves du château des Longues Allées
Mondésir est le nom du clos sur lequel se trouve le château des Longues Allées. Les vignes d’origine ont disparu, mais quelques rangs ont été replantés lors de la création de l’extension du parc en 2022. L’accès à la cave se situe dans le bâtiment occupé par l’actuel théâtre. Une grosse porte en protège l’accès. A l’entrée, une gravure sur une pierre conservée lors de la restauration indique 1773. Après 15 marches recouvertes de calcifications, la première salle est une cave traditionnelle. En descendant à nouveau de 17 marches on débouche sur deux petites pièces maçonnées et une galerie située à presque 18 mètres sous terre. A son extrémité elle comporte un puits de remontée permettant l’évacuation des matériaux ou le passage des tonneaux de vin qui y étaient conservés. A l’extérieur on peut toujours observer le « treuil à bras » d’origine.
La plupart des caves ne sont plus utilisées, elles jouent pourtant un rôle vital pour les chauves-souris qui y trouvent un habitat adapté. Pendant la période hivernale, elles y hibernent dans de bonnes conditions grâce à une température qui demeure positive et une hygrométrie élevée qui leur convient. Parmi les 11 espèces observées à Saint-Jean de Braye, certaines sont rares. Dans un souci de préservation de la biodiversité, la commune a fait monter une tour à chauves-souris favorisant l’accès aux caves du site.
Poursuivre l’allée pour rejoindre le parking.
VARIANTE NORD :
A partir du chemin des écoliers, prendre la rue du Petit Bois à droite.
8.1 La Gerberie
Au n°2 de la rue de la Gerberie : Maire d’Orléans, le baron GRIGNON DES ORMEAU fut propriétaire de ce domaine jusqu’en 1837. Depuis, c’est une même famille qui se transmet le château de génération en génération.
L’histoire de La Gerberie note l’existence d’une chapelle. Les écrits de l’Abbé PATRON racontent même qu’après la Révolution, cette chapelle fut l’une des premières à s’ouvrir au culte public et devint une seconde église pour les habitants de ce quartier fort éloigné de l’église du Vieux Bourg. Durant de nombreuses années, on y célébra messes mais aussi baptêmes et mariages.
Comme nombre de campagnes à Saint-Jean de Braye, La Gerberie possédait son clos où on y cultivait des vignes. On comprend alors mieux son nom qui proviendrait de cette activité. En effet, parmi les significations de « gerber », se retrouve l’action d’empiler les tonneaux, qui devaient être très nombreux si l’on en croit la taille du domaine à l’époque de la réalisation du cadastre.
Aujourd’hui encore, le parc de cette demeure laisse voir un majestueux séquoia dont la hauteur et le port élégant impressionnent. Deux tilleuls sont également répertoriés comme arbres remarquables, ce qui vaut à ces trois arbres d’être protégés.
Prendre le petit chemin en face. Traverser la rue par le passage piéton pour gagner le trottoir d’en face avenue de Verdun. Entrer dans le bois de Coquille par la petite allée qui serpente entre les arbres (aperçu du garage Renault sur la droite.) Sur la droite, on aperçoit l’ancien manège à chevaux.
8.2 Bois de Coquille, manège
Situé avenue de Verdun, le domaine du Bois de Coquille s’étendait à l’origine sur près de 25 hectares. Il comprenait une gentilhommière construite au début du XVIIIe siècle — le château de Coquille — ainsi que plusieurs dépendances : maison de jardinier, grange, cellier, pressoir, buanderie, orangerie, manège, écurie et une chapelle. Le parc, à lui seul, couvre plus de 19 hectares. Il doit son nom à la forme rayonnante de ses allées, en éventail, évoquant les stries d’une coquille. Ce dessin régulier, attribué à André Le Nôtre, rappelle les grands jardins classiques du XVIIe siècle.
Le château, propriété privée, est site classé. L’autel, d’époque régence, de la chapelle Saint-Michel bénie en 1743 y est remarquable.
Le domaine a été acquis par la ville de Saint-Jean de Braye en 1987. Le parc, autrefois privé, est aujourd’hui accessible au public. Il offre un espace boisé préservé, composé de taillis et de futaies où dominent chênes, frênes, charmes, érables et résineux. La Ville s’engage à en préserver la biodiversité en conservant les milieux naturels et en favorisant la faune, tout en maintenant les fonctions écologiques du bois. Cela passe par la protection des vieux arbres, la création de zones de quiétude et la restauration des zones humides.
L’ancien manège hydraulique (à votre droite), subsiste également dans le parc. Ce mécanisme, autrefois actionné par un cheval tournant en rond, servait à puiser l’eau nécessaire à l’alimentation des bassins et jets d’eau du jardin. Restauré par les élèves du lycée Gaudier-Brzeska, il constitue un rare témoignage des techniques hydrauliques anciennes.
Entrer dans le bois. Au 1er carrefour, prendre à droite. Au carrefour suivant, prendre à gauche. Aller jusqu’aux bornes qui marquent le centre du bois de Coquille. Prendre le 3e sentier sur la droite en direction de la mare. Suivre le bord de la mare vers la gauche et redescendre du talus du bord de mare en suivant. En bas du talus de la mare, prendre le sentier à droite puis tout de suite à gauche. Au 2e carrefour, prendre à droite puis tout droit pour sortir du bois.
La barrière de sortie du bois porte le logo des chemins de Compostelle.
Tourner à droite pour prendre la petite rue (rue de la Borde). Après la maison, continuer tout droit pour passer sous le pont de la tangentielle.
8.3 Entreprise Dior
La maison Dior, fondée en 1947 par le couturier Christian Dior, Marcel Boussac et Serge Heftler-Louiche, est rapidement devenue une référence mondiale dans l’univers du luxe. Dès l’origine, la parfumerie occupe une place centrale dans l’identité de la marque. Initialement localisée à Rueil-Malmaison, la production est progressivement transférée à partir de 1973 sur ce vaste site de 55 hectares, aujourd’hui unique centre mondial de fabrication des parfums Dior, et pôle majeur de la branche parfums et cosmétiques du groupe LVMH.
Le site regroupe l’ensemble des activités liées à la fabrication des parfums et cosmétiques : un centre de recherche et développement, une unité de fabrication, une cave à parfums, des ateliers de conditionnement, un centre logistique et des espaces de stockage. Au fil des décennies, l’usine s’est agrandie et modernisée pour répondre à la croissance de la demande internationale. Le centre logistique, construit dans les années 1990, a récemment été étendu et entièrement restructuré. L’unité dite « parfumant », qui regroupe les cuves de formulation, a également vu sa surface doublée pour accueillir de nouvelles lignes de conditionnement haute cadence.
Parallèlement à ces extensions industrielles, un bâtiment dédié à la restauration et à la convivialité des salariés a été réalisé en 2020. Conçu par l’agence Palissad Architectures, il se distingue par son architecture en bois lamellé-collé, ses larges façades vitrées et sa toiture végétalisée. Ce projet a obtenu le label Énergie 2 Carbone 1 (E2C1), et a été pensé comme un espace lumineux et fonctionnel, intégré au cœur du site.
Aujourd’hui, l’usine Dior de Saint-Jean de Braye constitue un acteur industriel majeur du Loiret, où près de 2 000 collaborateurs contribuent à la fabrication de millions d’unités chaque année.
Prendre la rue de la Providence sur la gauche.
8.4 La Providence, les vergers, le chemin de Compostelle
Le chemin de Compostelle traverse le département du Loiret sur une centaine de kilomètres du Nord au Sud. Les pèlerins trouveront sur les bords du Canal des balises du GR 655 qui les guideront jusqu’en Espagne. Il passe par Orléans (La Voie de Tours) où se trouve une halte jacquaire près de la cathédrale Sainte Croix gérée par les bénévoles de Compostelle 45.
Une sculpture du Pèlerin de Compostelle réalisée par le Peter Klink et offerte en 2018 par notre ville jumelle de Pfullendof, est installée en 2022 en bords de Loire, non loin de la place des Châtaigniers. Une croix de chemin surplombe le chemin de halage au niveau du Vieux Bourg.
Prendre à gauche rue de Charbonnière. Aperçu de la mosquée à droite. Tourner à gauche, rue du Petit Vomimbert. Prendre à gauche, rue de la Godde.
8.5 – Propriétés remarquables
Au 77 rue de la Godde – La Godde : Construite en 1572, cette campagne est l’une des plus anciennes maisons de la commune. Son premier propriétaire, le chanoine d’Orléans Thomas LE PIFFRE, la nomma « La Godde », du latin gaudere signifiant se réjouir. Elle possède un immense domaine aujourd’hui morcelé et lotis. Rénovations et transformations ont changé la physionomie du bâtiment au cours du temps. De nombreuses pierres sculptées qui ornaient la façade ont été dispersées dans les propriétés environnantes. Du style Renaissance, il ne reste que la façade de briques rouges de la partie gauche, la corniche sous toit et les pierres encadrant porte et fenêtres du rez-de-chaussée.
Au 75 rue de la Borde (angle des rues de la Godde et de la Borde) – La Maison du Quillard : À l’angle des rues de la Godde et de la Borde, ce clos presque entièrement boisé était nommé « Le chêne Quillard ». Il y coule toujours le ruisseau de la Braye. Au XVIe siècle la famille JOUSSE fait construire la maison. Capitaines du charroi de l’artillerie de France de père en fils, ces Orléanais ont fait fortune dans le commerce des chênes dédiés à la construction des quilles de la flottille royale. Anoblie par le roi Louis XIV, la famille prend alors le nom de JOUSSE du QUILLARD. Achevée au XVIIIe siècle, cette campagne prend le nom de « Quillard », établie désormais dans ses jardins à l’anglaise et son clos de vignes. La révolution priva cette famille anoblie de ses biens qui furent vendus à des commerçants. Durant la guerre de 39-45, Le Quillard fut réquisitionné par les Allemands puis par les Américains.
Au 20 rue de la Godde – La Motte Fresnaie : Pour en faire sa résidence, Louis GALLOUEDEC a réuni en 1924 deux propriétés : « La Fosse Pochette » et « La Motte ». La maison de « La Fosse Pochette » est démolie, et à celle de « La Motte » est ajouté un grand corps de logis, le tout donnant naissance à « La Motte Fresnaie ». En 1962, la maison demeure mais l’immense parc est morcelé et donne naissance à quatre pavillons et à l’accueil de loisirs de la Godde. À l’entrée, une pierre gravée provenant de La Godde porte une inscription latine rappelant la fragilité du temps.
Traverser l’avenue pour prendre le passage vers les tennis couverts et rejoindre le Petit Bois et retrouver le sentier de l’Orme aux Loups.
Le Comité des Sages et ses groupes :
-
- le groupe Intergénérations : il s’investit auprès des enfants, en participant aux ateliers jeux de société, chorales, danse, et autres manifestations intergénérationnelles.
- le groupe « Mémoires et patrimoine » : il s’investit plus particulièrement dans la réalisation d’expositions thématiques, et l’organisation d’événements sur l’histoire locale, les Journées de Patrimoine. Le groupe est très investi dans la rencontre avec les élèves de primaires ou les collégiens pour transmettre l’histoire. Découvrez des informations historiques sur la Ville sur le facebook du groupe « Mémoire et patrimoine »
- le groupe « Histoire et Découvertes » : il s’investit plus particulièrement dans l’écriture d’un ouvrage sur l’histoire des quartiers de la ville.
Pour en découvrir un peu plus…
L’histoire industrielle avec les usines Ambert
Les personnages illustres de Saint-Jean de Braye
Guide du parcours Gaudier Brzeska
Livret des Maires de 1790 à 1983 réalisé par le Comité des sages
Les Maires de la Ville de 1983 à aujourd’hui
Retrouvez les deux livrets réalisés pour des Journées du Patrimoine :


